Jeudi 29 décembre 2005
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Je voudrais aujourd’hui écrire quelques mots sur Antigone, un personnage qui m’a toujours fascinée. Une prof, lorsque j’étais en troisième, nous avait fait découvrir l’Antigone d’Anouilh et cela a été un de mes premiers coups de foudre littéraires.
Résumons brièvement d’abord l’histoire d’Œdipe. Un oracle prédit au roi Laïos et à la reine Jocaste que leur fils tuerait son père et épouserait sa mère. Pour éviter ce destin funeste, Laïos décide d’abandonner son fils nouveau-né. Celui-ci est recueilli par des bergers qui le confient à leurs maîtres. Ceux-ci élèvent Œdipe comme leur fils. Lorsque celui devint adulte, il apprit par hasard qu’il a été recueilli ainsi que la sinistre prophétie. Il part alors consulter l’oracle. En chemin, il tue en s’emportant un vieillard inconnu (qui n’est autre que le roi Laïos, son père). Arrivé près de Thèbes, il résout l’énigme du sphinx et libère ainsi la ville de ce terrible monstre. Les Thébains reconnaissants l’élirent roi et lui donnèrent comme épouse la reine Jocaste qui est veuve. La seconde partie de la prophétie s’accomplit alors. Le couple ignorant de tout ceci vit heureux. Ils eurent deux fils, Etéocle et Polynice et deux filles, Ismène et Antigone. Des années plus tard, ils finissent par apprendre l’atroce vérité. Jocaste désespérée se suicide et Œdipe se crève les yeux. Aveugle, il fera alors guidé par la fille Antigone.
L’histoire d’Anouilh commence après la mort d’Œdipe. Elle est bien sûr basée sur celle de Sophocle qui lui, centrait plutôt son intrigue sur Créon, l’oncle d’Antigone.
Lors d’une guerre, les deux frères s’entretuèrent. Créon, frère de Jocaste et alors roi de Thèbes, décide de célébrer des funérailles grandioses pour Etéocle alors que Polynice, considéré comme un traître serait laissé sans sépultures. Antigone se révolte contre les lois humaines et décide de réaliser les lois divines, donc d’enterrer son frère, même si elle doit être pour cela punie de mort.
J’avais été frappée par le prologue omniscient qui présente les différents personnages qui sont sur scène. Voici le début de la pièce : « Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. » . Un autre extrait où Antigone répond à Ismène qui lui demande Si elle n’a pas envie de vivre : « Pas envie de vivre… (Et plus doucement encore si c’est possible.) Qui se levait la première , le matin, rien que pour sentir l’air froid sur sa peau nue ? Qui se couchait la dernière seulement quand elle n’en pouvait plus de fatigue, pour vivre encore un peu de la nuit ? Qui pleurait déjà toute petite, en pensant qu’il y avait tant de petites bêtes, tant de brins d’herbe dans le pré et qu’on ne pouvait pas tous les prendre ? »
Voilà, et tant d’extraits encore mais je ne suis pas vraiment sûre d’en avoir le droit alors j’arrête.
Bref, j’aime cette petite révoltée amoureuse de la vie, un peu trop fière, différente et touchante.
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