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c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle."

Bienvenue dans mon petit monde, un monde de littérature, de poésie, d'art, de cinéma et d'enfance ...

exercice n°29 d'écriture ludique

Traditionnellement en début d'année on prend des résolutions, on fait des voeux... On se tient à certaines, certains se réalisent... certains même au delà de nos espérances... ce qui peut avoir des conséquences très inattendues.Et si vous deviez cette fois raconter l'histoire d'un voeu fait, réalisé et dont les résultats... surprennent ? Qu'imagineriez-vous ?

 

En ce début d'année et selon la tradition, Léon en compagnie de ses amis et un verre à la main avait pris une bonne résolution. Ou fait un voeu, c'est comme on voudra. En rigolant, tapant dans le dos des copains ! En rigolant ... Marc arrêterait de fumer, Jojo ne tomberait plus amoureux, Seb irait dire ses quatre vérités à son boss !!!  

Et lui.  

Lui, c'était fini les boulots alimentaires, il allait se consacrer corps et âme à l'écriture ! Corps et âme.  

Pendant les semaines qui suivirent, Léon se fit de plus en plus rare aux fiestas et aux pots chez les uns et les autres; ses amis se demandèrent amusés combien de temps il allait tenir et s'ils verraient un jour ou l'autre un manuscrit, des poèmes ou Dieu sait quel écrit. Puis, on ne le vit plus du tout, et ce n'était que le Léon du répondeur qui leur disait qu'il rappellerait plus tard. Mais il ne rappelait pas. Quand ils frappaient à sa porte ou sur le volet fermé, ils n'obtenaient aucun réponse non plus. En tendant l'oreille, ils percevaient le bruit de l'imprimante ou d'une chaise qu'on déplaçait. Et cette feuille arrachée à un cahier d'écolier déposée sur le paillasson sur laquelle on pouvait lire ces mots tracés hâtivement : « Laissez-moi seul, j'écris. »  

Ca, seul, il l'était. Mais, alors que les autres avaient laissé tomber et l'avaient pour ainsi dire oublié, Marc retourna chez Léon. Pour la énième fois, il frappa ; appela ; frappa encore ; plus fort. Léon. Léon ! Réponds-moi à la fin ! Ca ne peut plus durer ton histoire. Je vais finir pas appeler les pompiers ; ou les flics ! Il s'était peut-être tué ce con ... Commençant à s'affoler, il fourragea dans la serrure, s'apercevant au bout de plusieurs minutes que la porte était ouverte. Marc entra rapidement tout en continuant d'appeler, s'attendant au pire. La maison était vide. Non seulement il n'y avait aucune trace de Léon, mais le désordre habituel qui régnait chez lui avait disparu. Seul subsistait, trônant au centre de la pièce le gros ordinateur. A côté, des piles et des piles de feuilles soigneusement disposées. Marc s'approcha, lu le titre inscrit en gros caractères sur la première page : Léon. Il regarda les suivantes. Elles étaient blanches. Toutes blanches. 


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La page blanche, René Magritte

Voici pour continuer la petite anthologie des textes que j'aime un poème d'Henri Michaux : 

                             Pensées

Penser, vivre, mer peu distincte;
Moi - ça - tremble,
Infini incessamment qui tressaille.

Ombres de mondes infimes,
ombres d'ombres
cendres d'ailes.

Pensées à la nage merveilleuse,
qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,
loin de nous éclairer, loin de rien pénétrer;

étrangères en nos maisons,
toujours à colporter,
poussières pour nous distraire et nous éparpiller
        la vie.


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Et pour finir un  tableau d'un peintre surréaliste que j'aime beaucoup
            jour de lenteur, Yves Tanguy

Je vous repropose ces énigmes qui étaient restées en "rade" et n'avaient pas toutes été trouvées !

1 - Les énigmes de Londres

2 - Canine noire

3 - La femme au minuscule dogue

4 - mille quatre cent quarante minutes de l'existence d'une dame

5 - Les touristes de la terre

6 - La magie du goyavier

7 - Le conte des millénaires

8 - Faible comme la vie

9 - Le garçon aux oreilles d'argent

10 - Les voies de l'égalité

 

Claude Monet

(un peu de printemps !)

*

1 - Les mystères de Paris d'Eugène Sue    trouvé par Muad'dib

2 - Croc blanc de Jack London          trouvé par Muad'Dib

4 - Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig        trouvé par Motdit

7 - La légende des siècles de Victor Hugo       trouvé par Muad'Dib

8 - Fort comme la mort de Maupassant     trouvé par Len Janak

9 - La fille aux yeux d'or de ...............................     trouvé par Tatoum

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C'est étrange. J'ai vu il y a peu de temps ce film et j'avais décidé d'écrire un petit article. En cherchant quelques infos sur internet, j'apprends qu'un des deux cow-boys, Heath Ledger, (premier plan sur l'affiche) est mort il y a moins d'une semaine. C'est donc avec un petit pincement au coeur que je vais vous parler de ce beau film très émouvant.
L'histoire en deux mots : dans les années 60, deux jeunes gens, Jack et Ennis sont engagés pour garder ensemble des moutons le temps d'un été. Isolés en pleine nature sauvage , les deux hommes semblent de plus en plus attirés l'un par l'autre et leur rencontre se transforme en passion. Mais ils se séparent à la fin de leur job, Ennis devant épouser sa fiancée. Chacun fait donc sa vie de son côté. Ils se retrouvent quatre ans plus tard et leur passion est toujours aussi vive. Mais Ennis a maintenant deux petites filles, Jack un bébé. De plus, pas évident de vivre son homosexualité à cette époque aux Etats Unis (et partout ailleurs d'ailleurs). Ennis garde en tête l'image du vieux voisin homosexuel retrouvé mort torturé qu'il a vu lorsqu'il était enfant.
Ce film est très beau car on sent un véritable déchirement dans la vie de ces hommes, on souffre pour eux, pour leurs femmes et leurs enfants. Personne n'est à sa place, tout le monde est malheureux. On sent une bouffée d'oxygène quand ils se retrouvent épisodiquement, mais ce court bonheur est entâché par le mensonge et par la sensation d'instants volés tellement courts. Toute leur vie se résume à cet été de leur jeunesse qu'ils tentent de revivre lorsqu'ils se revoient. On rêve comme Jack qu'ils s'installent tous les deux dans un ranch ...
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Alors une petite larme pour le beau cow-boy...

J'aime vous montrer des peintures de grands artistes, des poèmes merveilleux, ...
Aujourd'hui, je voudrais juste vous parler de mon petit bonhomme de 5 ans. Ce matin, on faisait la grasse matinée. Il a fait un défilé à lui tout seul déguisé en clown, en marin qui voyage avec son bateau dans sa piscine : pour cela, il est arrivé avec une casquette de capitaine, debout sur une planche à repasser de poupée, ramant avec un crayon géant. Surréaliste ! Et puis, il a mis un gilet en peau de mouton, il tenait un bâton et un filet à papillon. Il s'est présenté : "Je suis le berger Gilbert, je garde les moutons dans le jardin de mon père. Et je décore mes moutons ... avec des papillons." Joli, non ?

Et je vous présente sa dernière "création" qu'il a faite tout seul, comme toujours, en bidouillant découpant : 
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tistou.jpg tist.jpg

A l'école maternelle, mon petit garçon fait la date, la météo et positionne l'aiguille en carton sur hiver . Hiver ... Pour se persuader que nous sommes bien en hiver et non en automne ou au printemps, je vous livre quelques peintures et poèmes sur la neige, le froid.

undefined La neige emplit le noir sillon.
La lumière est diminuée...
Ferme ta porte à l'aquilon !
Ferme ta vitre à la nuée !

Victor Hugo










Fouad Bellamine 



Ah ! Comme la neige a neigé ! peinture-jap-Koson-Ohara.jpg
Ma vitre est un jardin de givre.
Ah ! Comme la neige a neigé !

Emile Nelligan

























Yanagibashi de Koson Ohara

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Dans le silence de l'hiver, je veux revoir ce lac étrange,
Entre le cristal et le verre où viennent se poser des anges.

Robert Charlebois
























Ariane, de Maria Vieira da Silva





Dans l'interminable
Ennui de la plaine into_the_wild_movie_poster_1192286730-copie-1.jpg
La neige incertaine
Luit comme du sable.

Paul Verlaine

















Monet,environs d'Honfleur, neige


Le-20vyage-20de-20Chihiro.jpg C'est un dessin animé merveilleux d'Hayao Miyazaki, qui a aussi crée Mon voisin Totoro, princesse Mononoké, le château ambulant ... J'étais allée voir Chihiro au cinéma à l'époque et je l'ai savouré à nouveau avec mes enfants en DVD tout à l'heure.
L'histoire d'abord en quelques mots : Chihiro et ses parents vont emménager dans une nouvelle ville. Ils se perdent et arrivent devant un tunnel qu'ils vont traverser à pied. Ils débouchent sur un une ville fantôme. Le père est attiré par une bonne odeur et ils découvrent un restaurant rempli de victuailles. Pendant que Chihiro se promène, les parents se goinfrent et se transforment en cochons. La nuit tombe et peu à peu les esprits prennent possession de la ville. Chihiro affolée sera aidée par Aku qui la guidera dans ce monde étrange, peuplé de sorcières, d'esprits parfois effrayants, de dragons, de bébé géant, d'homme araignée (non non, c'est pas Spiderman !) et d'un sans visage... Dépossédée de son nom (la sorcière la renomme Sen et lui fait oublier son propre nom), elle va donc devoir travailler dans un étrange établissement de bain pour esprits si elle veut retourner chez elle et sauver ses parents.

chihiro-110.jpg

Nous allons donc voir un conte initiatique (même si j'ai lu quelque part que le réalisateur préférait l'idée de révélation pour la jeune héroïne) où Chihiro, de petite fille boudeuse et peureuse va se transformer en une jeune fille volontaire, respectueuse et qui se bat pour ceux qu'elle aime. La parole a une force particulière dans cette histoire puisque c'est le fait de dire à la sorcière : "je veux travailler" qui la sauve. Le film est rempli de scènes oniriques, notamment avec le Sans visage. Le voyage en train est également très réussi.

chihiro-2-copie-1.jpg
Voici un extrait de la note d'intention du réalisateur : 

"Ce film s'apparente à un récit d'aventures, mais sans agitation d'armes, ni superpouvoirs. Et même si je parle d'aventures, le sujet n'est pas la confrontation entre le bien et le mal, mais c'est plutôt l'histoire d'une petite fille qui, jetée dans un monde où se mêlent braves gens et personnages malhonnêtes, va se discipliner, apprendre l'amitié et le dévouement, et va mettre en oeuvre toutes ses ressources pour survivre. Elle se tire d'affaire, elle esquive, et retourne pour un temps à son quotidien. Dans le même temps, le monde n'est pas détruit, et ceci n'est pas dû à l'extermination du mal, mais au fait que Chihiro possède cette force vitale."

into_the_wild_movie_poster_1192286730.jpg Vu cette après-midi, "à l'aveugle" comme souvent, c'est-à-dire en évitant de voir la bande-annonce ou de lire un résumé comme ça je découvre avec un grand plaisir avec des yeux tout neufs. (J'aime pas les bandes annonces, ça déflore en général complètement le film). Bref, je savais qu'il était de Sean Penn et c'est à peu près tout. Si vous voulez faire comme moi, ne lisez pas cet article et courez le voir... (Euh ... Derrière mon dos mon mari râle et dit qu'en général on va voir un film sur proposition de sa part car lui lit les résumés ... c'est pas faux ...!)







Bon, vous êtes revenus ? Vous l'avez vu ? Alors, alors hein ??? Bon, vous n'êtes pas bien avancés avec mon texte ! J'arrête mes bêtises et je vous parle du film, promis !!! 

C'est un film tiré d'une histoire vraie. Il s'agit d'un jeune homme qui fuit sa famille, le monde matérialiste et bourgeois où il vit, les mensonges, la violence. Diplôme en poche, il laisse tout, brûle son argent et part sur les routes, en quête du monde sauvage, de la nature, de la vérité, de la sensation d'être vivant, du bonheur. Voyage initiatique donc, découpé en plusieurs chapitres : enfance, adolescence, âge mur, sagesse. Son but est d'aller seul en Alaska, au miieu de nulle part, emportant quelques livres de Tolstoï et Jack London notamment dont il lit des extraits. Je ne vous raconte pas la fin, ce serait dommage. Les paysages sont magnifiques, le personnage nous embarque dans sa folie, son idéalisme et son extremisme. J'ai beaucoup a
imé les rencontres qu'il fait sur la route, notamment les hippies et le vieil homme.
Film très fort donc et très touchant. A voir !!

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Early Snow de TomThomson

undefined Nous avons eu la chance de faire la connaissance d'Igor, par spectacles interposés. Un premier spectacle, "Le pays d'Igor" que nous avons vus sur cassette puis "coeur à coeur" qui vient de nous être présenté dans notre village, spectacles réalisés par la compagnie du puits avec Mary et Michel Vienot. 

Igor donc. Petit bonhomme bizarre, bancal, dérangeant, fragile et émouvant trouvé par deux explorateurs au milieu du désert. Ca vous rappelle quelque chose ? Oui, mais c'est un drôle de petit prince que celui-ci, un enfant qui marche à l'envers. Ces spectacles nous parlent admirablement bien des sentiments éprouvés par les parents d'un enfant autiste, les périodes de révolte, d'espoir, de découragement ... Et nous les suivons dans leur exploration de la différence, en ressortant complètement bouleversés et émus. Oui, Igor est un drôle de petit bonhomme, un "éveilleur de coeur", un révélateur d'amour.

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La petite fille qui aimait trop les allumettesQuel livre étrange, à la fois horrible et magnifique ! Tiens, cela me fait penser à l'atmosphère du film Tideland de Terry Giliam dont j'ai déjà parlé ici.

C'est l'histoire de deux adolescents qui ont toujours vécu reclus du monde, seuls avec leur père, n'ayant qu'entraperçu d'autres de leurs semblables. On comprend peu à peu que la famille avait des règles propres à eux, qu'ils vivent dans un manoir délabré et l'on a progressivement accès à leurs lourds secrets. L'histoire commence avec le décès du père qui s'est pendu. L'un des deux frères va donc en ville pour la première fois chercher une boîte à trou (cercueil). Le plus extraordinaire n'est pas tant l'histoire, qui ne pourrait être qu'un sordide mélo, mais surtout l'écriture car le narrateur n'est autre que l'un des deux adolescents qui a été nourrie des livres présents dans le château et nous découvrons donc tout cet univers par ses yeux. C'est une écriture magique, inventive, et folle, à la fois d'une grande tendresse et d'une grande noirceur ... Je pense aussi au livre d'Henry Bachau, l'enfant bleu, où c'était un autiste qui parlait.

Bref dérangeant, horrible, poétique et sublime !

 

 

 

un extrait :

" Ah j'aurais voulu ne pas céder au sommeil et en finir avec mon testament avant qu'il ne soit catastrophe. Mais j'étais abandonnée par mes forces, elles s'étaient sauvées comme un crayon. Quoi qu'on fasse et qu'il en soit, et aussi loin qu'on aille, il faut s'étendre au bout du compte pour dormir, c'est fatal. On a la laisse au cou, la fatigue qui vous retient à la terre finalement vous y tire, et l'on tombe, toujours, que voulez-vous. C'est l'élastique de la mort."

J'ai oublié de préciser que Gaëtan Soucy est un auteur québequois, et a eu le prix Ringuet de l'Académie des lettres

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