c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant
elle."
Bienvenue dans mon petit monde, un monde de littérature, de poésie, d'art, de cinéma et d'enfance ...
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c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant
elle."
Bienvenue dans mon petit monde, un monde de littérature, de poésie, d'art, de cinéma et d'enfance ...
Voilà encore un livre qui m'a envoutée dès les premières pages. Une histoire comme je les aime, où les héros partent du monde bien réel pour pénétrer peu à peu un univers fantastique. Nous suivons donc l'histoire de deux personnages un peu paumés qui, indépendamment, vont se ressourcer dans une forêt mystérieuse et magique où règne un éternel crépuscule, où le temps se déroule beaucoup plus lentement que dans le monde réel, ou tout semble paix, silence et douceur. Mais ce monde enchanté de Tembreabrezi semble en danger et plus périlleux qu'il n'y paraît. Hugh, héros balourd mais pur et innocent, va donc revêtir le rôle du héros, du Messie. L'histoire se déroule lentement et j'ai beaucoup aimé l'atmosphère régnant dans cet univers, le sentiment intense de bien-être du début puis l'inquiétude qui s'immisce peu à peu.
Voci un extrait :
"Il s'éveilla sous les arbres sombres, l'odeur de la menthe et de l'herbe plein la tête.Le vent léger effleurait son visage et ses cheveux comme une main sombre et transparente.
C'était un réveil étrange et lent. Il n'avait pas rêvé, et pourtant avait la sensation de rêver. Une confiance et une assurance totales le possédaient. Il appartenait désormais à cette terre où il s'était allongé et avait dormi. Il ne risquait rien. Ce pays était le sien"

Arnold Böcklin, l'île des morts
Voici un autre texte qui m'a beaucoup marqué. Il s'agit de la pièce de théâtre de Paul Claudel : Partage de midi. Le texte de cette oeuvre est tout à la fois sublime et brûlant d'un feu dévastateur.
Voici donc un extrait d'un monologue d'Ysé, à la toute fin de la pièce :
Ysé
"Maintenant regarde mon visage car il en est temps encore
Et regarde-moi debout et étendue comme un grand olivier dans le rayon de lune terrestre, lumière de la nuit,
Et prends image de ce visage mortel car le temps de notre résolution approche et tu ne me verras plus de cet oeil de chair !
Et je t'entends et ne t'entends point, car déjà voici que je n'ai plus d'oreilles ! Ne te tais point, mon bien-aimé, tu es là !
Et donne-moi seulement l'accord, que ...
Jaillisse, et m'entende avec mon propre son d'or pour oreilles
Commencer, affluer comme un chant pur et comme une voix véritable à ta voix ton éternelle Ysé mieux que le cuivre et la peau d'âne ! "
Paul Delvaux
Coin prisonnier de Marco Miniussi
exercice 18 d'écriture ludique
Martine nous propose cette fois d'écrire autour de 4 pièces de puzzle, qui ne constituent pas l'image entière, mais qui ont un sens par elles-même. Il est possible de s'inspirer de l'une ou l'autre des images, de plusieurs ou de toutes, librement.
J'ai choisi une image :
Et voici mon petit poème :
Pierre …
Pierre ronde
Pierre molle
Pierre grise
Pierre lisse
Pierre glissante
Pierre collante
Pierre humide
Pierre granitique
Pierre œuf
Pierre galet
Pierre tachetée
Pierre sucrée
Pierre douce
Pierre mousse
Pierre source
Pierre jouet
Pierre caressée
Pierre dévorée
Pierre rêvée
exercice 19 d'écriture ludique proposé par Madam' Aga
Il s'agit ici, comme cela a déjà été proposé en se servant d'autres textes comme base, d'écrire la suite de l'histoire ("Promenons-nous dans les bois", en l'occurence) en se basant sur les personnages, les situations, mais sans forcément cadrer avec le genre, le style d'écriture. Vous avez toute liberté de développer votre propre imaginaire, votre univers, du moment que le résultat fasse vraiment suite au récit proposé.
autre végétation luxuriante, du douanier Rousseau

Un autre petit exercice (le n°13) proposé par Darkia pour écriture ludique :
Utiliser un minimum de 10 mots (idéalement tous) parmi les 15 proposés, pour rédiger un texte.
Atypique, dommage, mort, pieu, sang, simple, mains, sentiments, recherche, attente, liqueur, corsage, assaillir, clan et pathétique.
L’amour… !
Le violoniste bleu, Marc Chagall
Simple, non, rien n’est jamais simple dans la vie. On a de nobles sentiments que l’on croit partagés, la passion coule dans nos veines comme un sang brûlant, mais en fait, on est juste pathétique. Je suis juste pathétique … Depuis le temps que je suis à la recherche du grand amour, je pensais l’avoir enfin trouvé ! Mais à quoi pensai-je donc … Je ne fais pas partie du clan, c’était pourtant clair ! Quand nos mains se sont frôlées l’autre jour, j’avais cru … j’avais pensé … Mais qui voudrait d’un être atypique comme moi ! La mort dans l’âme, j’ai même commencé à mettre le goulot d’une bouteille de liqueur sur ma bouche, prêt à l’engloutir … Alors la rage m’a assailli. Je n’allais pas m’écrouler comme une loque ! D’accord, c’était dommage mais après tout ! C’était le décolleté de son corsage qui m’avait tourné la tête, un point c’est tout ! Et le pieu que j’avais cru sentir enfoncé dans mon cœur, pfft … une simple épingle ! Alors, plutôt que d’être en permanence dans l’attente d’une princesse charmante qui n’arrive pas, je vais retourner à mes billes et mes devoirs. Et quand elle me demandera de réciter ma poésie, je regarderai droit devant moi, et non ses yeux d’un bleu … Et puis… je vais peut-être arrêter de regarder ces séries américaines avec maman …
Je suis tombée sur un blog bien sympathique proposant des jeux d'écriture intitulé écriture ludique. Ca m'a forcément tentée et je me suis lancée.
J'ai donc essayé d'écrire un texte pour le n°15 donc voici la consigne :
Il s'agit cette fois-ci de choisir 4 titres de livres parmi les 35 proposés . Un des quatre doit être le titre de votre texte (pas forcément présent dans le texte, mais vous
pouvez), il en décrira / résumera bien l'histoire.
Les 3 autres titres doivent correspondre à chacune des parties de votre texte. Il faut donc 3 grandes parties, une pour poser le décor / les personnages / la situation, puis le corps du récit,
puis la fin / l'épilogue. Dans chaque partie doit figurer un des titres, qui en sera l'élément central, l'idée forte autour de laquelle cette partie s'articule.
Voici les titres que j'ai choisis :
titre : chant de l'océan
partie 1 : eau du diamant
partie 2 : ombres mortes
partie 3 : cri de l'ombre.
Allez, c'est parti !
Chant de l'océan
Le vent souffle comme un fou ce soir. Line avance, emmitouflée dans son grand manteau de laine auquel elle s’accroche frileusement. Des gouttelettes salées arrivées jusqu’à ses lèvres la font frissonner de plaisir. Encore plus près. L’air lui fouette le visage , les reflets de la lune scintillant dans cette eau du diamant la fascinent ; les vagues lui caressent à présent les jambes mais elle ne semble pas s’en apercevoir. Le chant de l’océan l’envoute peu à peu. Siffle, gronde, crie, pleure, berce, roule … Avance encore. Ses cheveux flottent doucement ; elle paraît voler dans les flots.
Line danse avec les algues qui la frôlent. Curieusement, ses yeux emplis d’eau brillent toujours de mille lumières. L’épaisse obscurité est fendue par des rais de clarté. L’océan ne pleure plus, il rit. Des voix cristallines lui parviennent, à peine assourdies, des ombres glissent et l’encerclent. Elle sourit et sent au plus profond de son être l’eau salée envahir son corps ; elle est l’océan. Elle se mêle alors aux ombres mortes qui voltigent toujours et s’enfonce avec elles au plus profond de l’onde.
Prostré, Maël fait face à la mer. La nuit a tout avalé. Les vagues ont tout englouti. Il se relève lentement, ses yeux fixés sur l’infini. Sa longue plainte, cri de l'ombre, déchire le silence oppressant puis s’évanouit dans les ténèbres.
Ophélie, de John Everett Millais
J'ai vu hier à la télé Tideland de Terry Giliam. Je suis restée scotchée, un peu éberluée, parfois dégoûtée, d'autre fois émerveillée ... Cette petite Alice au pays des merveilles, texte qui rythme le film, est plutôt au pays des cauchemars. Jeliza-Rose (l'actrice qui interprète la petite est extraordinaire) est une fillette dont les deux parents junkies meurent sous ses yeux à quelques jours d'intervalle. C'est un monde toujours à mi-chemin entre le rêve et les cauchemar (plus souvent de ce côté cependant) où l'on voit la fillette préparer la dope de son père. Nous vivons au plus près de la petite un peu schizo qui s'enfuit dans son monde à elle. Ses amis sont 4 têtes de poupée mannequin qu'elle fait vivre, un handicapé mental qui partage ses rêves, une femme un peu sorcière, un peu grande faucheuse. Les moments horribles (le père mort "momifié") et les moments oniriques ( le sous marin imaginaire de Jeliza-Rose et de son ami Dickens, les courses dans les champs de hautes herbes, le voyage dans les fripes de sa grand-mère ...) se cotoient. On se sent un peu chez Tim Burton en plus trash. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Deux extraits d'un texte qui m'a toujours beaucoup touchée :
"Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillon dans les amas de pierres."
"Que d'heures passées à écraser les absinthes, à caresser les ruines, à tenter d'accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d'insectes somnolents, j'ouvre les yeux et mon cœur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde. "
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