Calendrier

Décembre 2009
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Recommander

c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle."

Bienvenue dans mon petit monde, un monde de littérature, de poésie, d'art, de cinéma et d'enfance ...

Voilà encore un livre qui m'a envoutée dès les premières pages. Une histoire comme je les aime, où les héros partent du monde bien réel pour pénétrer peu à peu un univers fantastique. Nous suivons donc l'histoire de deux personnages un peu paumés qui, indépendamment, vont se ressourcer dans une forêt  mystérieuse et magique où règne un éternel crépuscule, où le temps se déroule beaucoup plus lentement que dans le monde réel, ou tout semble paix, silence et douceur. Mais ce monde enchanté de Tembreabrezi semble en danger et plus périlleux qu'il n'y paraît. Hugh, héros balourd mais pur et innocent, va donc revêtir le rôle du héros, du Messie. L'histoire se déroule lentement et j'ai beaucoup aimé l'atmosphère régnant dans cet univers, le sentiment intense de bien-être du début puis l'inquiétude qui s'immisce peu à peu.

Voci un extrait :

"Il s'éveilla sous les arbres sombres, l'odeur de la menthe et de l'herbe plein la tête.Le vent léger effleurait son visage et ses cheveux comme une main sombre et transparente.

C'était un réveil étrange et lent. Il n'avait pas rêvé, et pourtant avait la sensation de rêver. Une confiance et une assurance totales le possédaient. Il appartenait désormais à cette terre où il s'était allongé et avait dormi. Il ne risquait rien. Ce pays était le sien"

 

 

Arnold Böcklin, l'île des morts

Voici un autre texte qui m'a beaucoup marqué. Il s'agit de la pièce de théâtre de Paul Claudel : Partage de midi. Le texte de cette oeuvre est tout à la fois sublime et brûlant d'un feu dévastateur.

Voici donc un extrait d'un monologue d'Ysé, à la toute fin de la pièce :

 

Ysé

"Maintenant regarde mon visage car il en est temps encore

Et regarde-moi debout et étendue comme un grand olivier dans le rayon de lune terrestre, lumière de la nuit,

Et prends image de ce visage mortel car le temps de notre résolution approche et tu ne me verras plus de cet oeil de chair !

Et je t'entends et ne t'entends point, car déjà voici que je n'ai plus d'oreilles ! Ne te tais point, mon bien-aimé, tu es là !

Et donne-moi seulement l'accord, que ...

Jaillisse, et m'entende avec mon propre son d'or pour oreilles

Commencer, affluer comme un chant pur et comme une voix véritable à ta voix ton éternelle Ysé mieux que le cuivre et la peau d'âne ! "

 

Paul Delvaux

exercice  20 d'écriture ludique
Pour fêter le 20ème exercice officiel de la communauté, un exercice d'écriture libre vous est proposé autour du thème "20ème".

Qu'il s'agisse d'un étage, d'un arrondissement, d'un anniversaire, donnez-nous votre vision littéraire (dans une nouvelle ou un poème) du sujet, c'est votre imagination qui décidera de tout :-)
 
Paul traça une barre sur la tapisserie jaunie. La vingtième. Puis il raya les cinq dernières d’un geste las. Vingt jours qu’il était enfermé dans cette petite pièce exiguë à l’odeur de rance et de renfermé. Vingt jours incompréhensibles. Cauchemardesques. Il avait pu calculer le temps qui passait car la lumière du soleil lui parvenait terriblement affaiblie mais bien présente. Vingt jours à tambouriner, hurler, s’écorcher les mains. Au début, il mourait de faim, sans un seul petit morceau de pain à grignoter. Et puis, il avait fini par s’endormir. Ou plutôt, il s’était écroulé d’épuisement. Et quand il avait émergé de ce sommeil pesant, il avait senti une odeur autre que le moisi qui empestait habituellement l’air. Il s’était alors tout à fait réveillé et avait trouvé une assiette remplie de pâtes fumantes qu’il s’était empressé de vider avant même de se donner la moindre réflexion. Depuis, à chacun de ses réveils, il découvrait de la nourriture, sans jamais avoir ne serait-ce qu’entraperçu ou entendu trace de vie humaine. Il avait bien essayé de simuler le sommeil, mais sans succès. Vingt jours de questionnement ininterrompu mais sans réponse. Comment était-il arrivé là ? Et surtout pourquoi ? Qui ? Combien de temps encore ? Le dernier souvenir qui lui restait était un accident de voiture. Il se rendait au travail quand une moto lui avait coupé la route. Il avait freiné brutalement puis … Plus rien. Il s’était réveillé ici, avec un mal de tête qui lui vrillait la cervelle. Il avait tout envisagé, épuisé tous les scenarios les plus grotesques qui lui étaient venus à l’esprit : une femme amoureuse et jalouse, quelqu’un à qui il aurait fait du mal, un chantage, un sadique, un fou, la mafia, les extra-terrestres… Mais cela ne le menait à rien. Personne n’avait répondu à ses cris et coups sur les murs, les meubles, la porte… Et l’on était le vingtième jour …  Des ombres de plus en plus étranges se dessinaient sur les murs, ses idées devenaient brumeuses et obsessionnelles. Il croyait même voir des fantômes évanescents traverser la pièce. Des larmes envahirent son regard nébuleux.
 
 
 
Pauvre Monsieur Paul. Dire que ça fait vingt ans qu’il est dans cet institut ! Il est de plus en plus lointain, j’ai l’impression qu’il ne nous voit plus, même lorsque nous lui apportons son repas ! Il semble s’enfoncer de plus en plus dans son délire. Tu crois qu’un jour nous pourrons à nouveau communiquer avec lui ? Il paraît qu’avant son accident, c’était quelqu’un de très dynamique et de très intelligent. C’est moche la vie quand même.
Les deux aide-soignantes quittèrent la pièce en soupirant, jetant un dernier regard à Monsieur Paul, prostré dans un coin de la chambre, fixant le mur où il avait tracé ses petites barres…
 

Coin Prisonnier

Coin prisonnier de Marco Miniussi

exercice 18 d'écriture ludique

Martine nous propose cette fois d'écrire autour de 4 pièces de puzzle, qui ne constituent pas l'image entière, mais qui ont un sens par elles-même. Il est possible de s'inspirer de l'une ou l'autre des images, de plusieurs ou de toutes, librement.

J'ai choisi une image :

Et voici mon petit poème :

 

Pierre …

 

 

 

Pierre ronde

Pierre molle

Pierre grise

Pierre lisse

Pierre glissante

Pierre collante

Pierre humide

Pierre granitique

Pierre œuf

Pierre galet

Pierre tachetée

Pierre sucrée

Pierre douce

Pierre mousse

Pierre source

Pierre jouet

Pierre caressée

Pierre dévorée

Pierre rêvée

 

exercice 19 d'écriture ludique proposé par Madam' Aga

Il s'agit ici, comme cela a déjà été proposé en se servant d'autres textes comme base, d'écrire la suite de l'histoire ("Promenons-nous dans les bois", en l'occurence) en se basant sur les personnages, les situations, mais sans forcément cadrer avec le genre, le style d'écriture. Vous avez toute liberté de développer votre propre imaginaire, votre univers, du moment que le résultat fasse vraiment suite au récit proposé.

 

Léa hésite … Aller à leur rencontre d’un pas assuré (hum …) en arborant le plus beau des sourires et en priant très fort pour que ce soient de gentils flics ou gardiens de je ne sais quoi … Ou alors partir en courant et se planquer n’importe où … Mais c’est que … elle n’a plus beaucoup le temps pour hésiter car ils sont à moins de cinquante mètres d’elle ! Ce regard qu’ils ont… Non ! Léa fait brusquement demi-tour, elle fonce droit devant elle, puis tourne à droite, puis à gauche, encore à gauche, sa tête et son cœur vont exploser, le chemin est quasiment inexistant, elle ne sent plus ses jambes, ses pieds, son corps pourtant griffés, accrochés, écorchés de toutes parts par branches, épines, feuillages, racines … racine … Effondrée sur le sol accidenté, elle essaie de faire corps avec la terre, ne plus bouger, calmer le plus possible cette respiration folle qui lui fait mal … retarder les battements de ce cœur qui tente de s’extraire de sa poitrine … tout arrêter … arrêter … Elle soulève son visage et écarte ses cheveux mêlés de brindilles et d’herbes folles. Le bourdonnement dans ses oreilles diminue puis cesse. Le silence… quelques pépiements d’oiseaux, crissements d’insectes, une légère brise … c’est tout… Elle s’autorise enfin à parcourir du regard son environnement. Qu’il fait sombre ! Des arbres immenses au feuillage dense qui entrave les quelques rais de lumière qui s’aventurent … C’est normal qu’elle soit tombée, la voie est presque totalement obstruée par la végétation ! Elle avance se frayant un chemin comme elle peut, dessous, dessus, écartant, cassant … Soudain elle se protège vivement le visage,  une violente clarté l’aveuglant douloureusement. Elle écarte peu à peu les doigts, plissant les yeux puis les ouvrant progressivement jusqu’à ce qu’elle se sente vigoureusement attrapée par les poignets … Non ! Les trois types de tout à l’heure … C’est un cauchemar… Leur lampe dans ses yeux … Dites donc mademoiselle … Qu’est-c’que vous faites là ? Et pourquoi vous avez couru comme une cinglée toute à l’heure ? Faut pas traîner par ici vous savez, vous pourriez tomber sur des malades, y’a une drôle de faune qui zone vers cette usine désaffectée … Mais désolés si on vous a fait peur, M’selle, vous voulez qu’on vous raccompagne chez vous ?

 

autre végétation luxuriante, du douanier Rousseau

Je viens de finir ce texte commencé avant de partir quelques jours en vacances. Il s'agit de l'exercice 12 pour écriture ludique.
 
Cet exercice, proposé par mpolly, consiste à écrire un texte (selon votre choix, nouvelle, poésie, théatre, ... ) inspiré par l'image présentée ci-dessous et (éventuellement) par son titre, cette inspiration devant se sentir.

souslepont.jpg
Huile sur toile "sous le pont" d'Yves Gusella http://ygusella.chez-alice.fr
 
 
Sous le pont
 
 
Stéphane marchait à grandes enjambées. Iln’aimait pas ces soirs de grisaille et de froid. Il jeta un coup d’œil distrait à la rivière qu’il longeait quotidiennement tout en accélérant le pas. Pas un chat ce soir … Tout était même tellement silencieux. Il s’arrêta un instant, contempla l’eau parfaitement plane et brillant d’un éclat métallique. Pas un souffle d’air ne plissait la surface de l’eau. Un frisson lui parcourut l’échine; après une légère hésitation, il reprit son trajet. Marie et les enfants devaient l’attendre, il commençait à se faire tard. Il vit au loin le pont Saint Alexandre. Sous l’arche, une barque flottait doucement; Stéphane s’aperçut qu’elle n’était pas attachée. Il s’approcha encore jusqu’à arriver à côté de la petite embarcation. Une curieuse odeur de magnolia s’imposa à lui tandis qu’il crut discerner un léger clapotis. Il se retourna et vit une lumière safranée recouvrir la voute; ce chatoiement progressait sur l’ensemble du pont puis s’insinuait même dans les ondulations de la rivière, se teintant d’ocre, de vermillon, de pourpre et d’orangé. Les senteurs de fleurs se firent plus entêtantes encore; la ville entière était parée de mille teintes plus douces et plus extraordinaires les unes que les autres. Un son fluet de carillon mêlé au murmure d’une flûte le ramenèrent en direction du bateau: il enjamba le rebord et s’installa dans le canot qui se mit alors à avancer, emportant loin, bien loin son passager.
 
 

Un autre petit exercice (le n°13) proposé par Darkia pour écriture ludique :

Utiliser un minimum de 10 mots (idéalement tous) parmi les 15 proposés, pour rédiger un texte.

Atypique, dommage, mort, pieu, sang, simple, mains, sentiments, recherche, attente, liqueur, corsage, assaillir, clan et pathétique.

 

L’amour… !

 

 

 Le violoniste bleu, Marc Chagall

 Simple, non, rien n’est jamais simple dans la vie. On a de nobles sentiments que l’on croit partagés, la passion coule dans nos veines comme un sang brûlant, mais en fait, on est juste pathétique. Je suis juste pathétique … Depuis le temps que je suis à la recherche du grand amour, je pensais l’avoir enfin trouvé ! Mais à quoi pensai-je donc … Je ne fais pas partie du clan, c’était pourtant clair ! Quand nos mains se sont frôlées l’autre jour, j’avais cru … j’avais pensé … Mais qui voudrait d’un être atypique comme moi ! La mort dans l’âme, j’ai même commencé à mettre le goulot d’une bouteille de liqueur sur ma bouche, prêt à l’engloutir … Alors la rage m’a assailli. Je n’allais pas m’écrouler comme une loque ! D’accord, c’était dommage mais après tout ! C’était le décolleté de son corsage qui m’avait tourné la tête, un point c’est tout ! Et le pieu que j’avais cru sentir enfoncé dans mon cœur, pfft … une simple épingle ! Alors, plutôt que d’être en permanence dans l’attente d’une princesse charmante qui n’arrive pas, je vais retourner à mes billes et mes devoirs. Et quand elle me demandera de réciter ma poésie, je regarderai droit devant moi, et non ses yeux d’un bleu …  Et puis… je vais peut-être arrêter de regarder ces séries américaines avec maman …

 

 

 

Je suis tombée sur un blog bien sympathique proposant des jeux d'écriture intitulé écriture ludique. Ca m'a forcément tentée et je me suis lancée.

J'ai donc essayé d'écrire un texte pour le n°15 donc voici la consigne :

Il s'agit cette fois-ci de choisir 4 titres de livres parmi les 35 proposés . Un des quatre doit être le titre de votre texte (pas forcément présent dans le texte, mais vous pouvez), il en décrira / résumera bien l'histoire.

Les 3 autres titres doivent correspondre à chacune des parties de votre texte. Il faut donc 3 grandes parties, une pour poser le décor / les personnages / la situation, puis le corps du récit, puis la fin / l'épilogue. Dans chaque partie doit figurer un des titres, qui en sera l'élément central, l'idée forte autour de laquelle cette partie s'articule.

Voici les titres que j'ai choisis :

titre : chant de l'océan

partie 1 : eau du diamant

partie 2 : ombres mortes

partie 3 : cri de l'ombre.

Allez, c'est parti !

 

 

Chant de l'océan

 

 

 

Le vent souffle comme un fou ce soir. Line avance, emmitouflée dans son grand manteau de laine auquel elle s’accroche frileusement. Des gouttelettes salées arrivées  jusqu’à ses lèvres la font frissonner de plaisir. Encore plus près. L’air lui fouette le visage , les reflets de la lune scintillant dans cette eau du diamant la fascinent ; les vagues lui caressent à présent les jambes mais elle ne semble pas s’en apercevoir. Le chant de l’océan l’envoute peu à peu. Siffle, gronde, crie, pleure, berce, roule   Avance encore. Ses cheveux flottent doucement ; elle paraît voler dans les flots.

Line danse avec les algues qui la frôlent. Curieusement, ses yeux emplis d’eau brillent toujours de mille lumières. L’épaisse obscurité est fendue par des rais de clarté. L’océan ne pleure plus, il rit. Des voix cristallines lui parviennent, à peine assourdies, des ombres glissent et l’encerclent. Elle sourit et sent au plus profond de son être l’eau salée envahir son corps ; elle est l’océan.  Elle se mêle alors aux ombres mortes qui voltigent toujours et s’enfonce avec elles au plus profond de l’onde.

 

            Prostré, Maël fait face à la mer. La nuit a tout avalé. Les vagues ont tout englouti. Il se relève lentement, ses yeux fixés sur l’infini.  Sa longue plainte, cri de l'ombre, déchire le silence oppressant puis s’évanouit dans les ténèbres.

 

 

 

 

 

 

 

Ophélie, de John Everett Millais

J'ai vu hier à la télé Tideland de Terry Giliam. Je suis restée scotchée, un peu éberluée, parfois dégoûtée, d'autre fois émerveillée ... Cette petite Alice au pays des merveilles, texte qui rythme le film, est plutôt au pays des cauchemars. Jeliza-Rose (l'actrice qui interprète la petite est extraordinaire) est une fillette dont les deux parents junkies meurent sous ses yeux à quelques jours d'intervalle. C'est un monde toujours à mi-chemin entre le rêve et les cauchemar (plus souvent de ce côté cependant) où l'on voit la fillette préparer la dope de son père. Nous vivons au plus près de la petite un peu schizo qui s'enfuit dans son monde à elle. Ses amis sont 4 têtes de poupée mannequin qu'elle fait vivre, un handicapé mental qui partage ses rêves, une femme un peu sorcière, un peu grande faucheuse. Les moments horribles (le père mort "momifié") et les moments oniriques ( le sous marin imaginaire de Jeliza-Rose et de son ami Dickens, les courses dans les champs de hautes herbes, le voyage dans les fripes de sa grand-mère ...) se cotoient. On se sent un peu chez Tim Burton en plus trash. Bref, j'ai beaucoup aimé.

Deux extraits d'un texte qui m'a toujours beaucoup touchée :

"Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillon dans les amas de pierres."

"Que d'heures passées à écraser les absinthes, à caresser les ruines, à tenter d'accorder ma respiration aux soupirs tumultueux du monde ! Enfoncé parmi les odeurs sauvages et les concerts d'insectes somnolents, j'ouvre les yeux et mon cœur à la grandeur insoutenable de ce ciel gorgé de chaleur. Ce n'est pas si facile de devenir ce qu'on est, de retrouver sa mesure profonde. "

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus