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c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle."

Bienvenue dans mon petit monde, un monde de littérature, de poésie, d'art, de cinéma et d'enfance ...

autre photo abstraite du petit bazar de mon bureau

Petite photo abstraite du petit monde de mon bureau ...

LA poésie, pour toi, c'est quoi ?

  Voici les premières réponses que j'ai obtenues :

  "La poésie, c'est des mots qui sonnent bien et qu'on assemble"  R., 7 ans

"La poésie, c'est du plaisir" C. 35 ans

"La poésie, ça chante, c'est comme une comptine"  B., 5 ans

  "La poésie, c'est le plus joli nom qu'on donne à la vie."  Jacques Prévert (cité par Albireo !)

" La poésie, c'est tout oublier pour ne retenir que la joie de l'instant. "  Albireo

La poésie s'amuse à soulever des voiles

La poésie jouit

La poésie bombarde

La poésie s'enfuit jusqu'au sommet des arbres

La poésie bouillonne au fond fond fond de l'âme

LA poésie dessine des petits ronds dans l'eau

La poésie chante

La poésie grince

La poésie libère l'oiseau-vent

En allant à la médiathèque avec mes enfants, je suis tombée sur ce livre qui m'avait déjà fait de l'oeil en librairie :

l'agenda du (presque) poète de Bernard Friot aux éditions De la Martinière

L'agenda du (presque) poète

Ce livre titille forcément le goût d'écrire en nous faisant jouer avec les mots, manipuler, triturer, découvrir ...

Je ne résiste pas à vous livrer (très modestement !) le fruit des deux premières pages du livre :

 

1er janvier : (puisque c'est un agenda mais qu'il vaut mieux commencer au début, même si on peut picorer !)

J'écris un rêve d'enfance

année après année

poème

après

poème

premier mot mot mot que tu es

que tu es

loin

 

2 janvier

la poésie est silence dans les mots

la poésie est douceur de rage

la poésie est un enfant qui rêve

la poésie est jeu joie jonglerie

la poésie est caresse du rouge et déchirure du bleu

la poésie est l'envolée légère

 

Je suis dans ma période japonaise ... Voici donc un petit livre à l'écriture limpide et toute simple (bien que truffée de mots en référence à la philosophie zen... Heureusement pour ceux comme moi qui n'y connaissent rien, il y a un petit lexique bien utile à la fin !). L'histoire, comme le titre l'indique bien, nous parle d'un garçon qui tout jeune, parce qu'il a suivi son père à des séances de zazen (méditation zen), veut devenir moine zen. Il paraît cependant bien étrange car à côté de cela il est un peu voyou et voleur. Nous n'en saurons pas beaucoup plus sur ses motivations car, et c'est ce qui est intéressant, nous suivons les pensées de son père qui ne comprend pas tout. Cette décision va petit à petit bouleverser sa vie (celle du père) et ses relations avec le reste de la famille. Il faut dire que moine zen, c'est "pire" que carmélite chez les catholiques ! Le jeune ne voit plus sa famille, il est adopté par d'autres personnes membres du monastère (les parents signent un acte d'abandon ...). Nous voyons donc que le père ne maitrise pas grand chose, il subit plutôt avec étonnement et ses certitudes vont vaciller peu à peu puis sombrer dans le doute et le chaos... 

un extrait :

"- Pourquoi donc n'avons-nous pas le droit de voir son classement ? a demandé ma femme. Ca n'a rien à voir avec le fait de lui apporter quelque chose ou de lui donner de l'argent de poche ! Il n'y a que nous qui regarderions ! Depuis quand les parents ne sont-ils pas autorisés à connaître les résultats de leur enfant ?

- Mais justement ! Nous ne sommes plus ses parents !

Les mots étaient sortis de ma bouche, et j'ai moi-même été stupéfait de leur poids après les avoir prononcés.

- Qu'est-ce-que tu racontes? Je l'ai mis au monde, moi, cet enfant ! Oui, et dans la douleur même figure-toi ! Jamais je ne l'oublierai. Evidemment, l'autre, elle ne peut pas comprendre !

C'était la première fois que ma femme parlait de l'abesse en disant l'autre."

J'ai acheté ce livre un peu par hasard comme souvent, un livre japonais, une couverture magnifique, une édition que j'aime bien (Babel), quelques mots qui font tilt dans la quatrième ("entre réel et imaginaire", "homme étrange" ...).

J'ai tout de suite été happée par l'histoire puis peu à peu envoutée par l'atmosphère. En deux mots, Ryoko apprend que son compagnon,Hiroyuki, créateur de parfums, s'est suicidé. Elle rencontre alors son jeune frère dont elle ignorait l'existence pour apprendre peu à peu qu'elle ne connaissait que très peu son ami. Nous la suivons dans une enquête qui n'en est pas une où elle découvre peu à peu des pans de sa vie. Nous naviguons dans le temps , nous enfonçant aussi peu à peu dans l'imaginaire et l'onirisme. Ce livre nous parle de la mémoire, du souvenir, de la douleur de vivre, de la folie, du faux-semblant... Les scènes chez la mère d'Hiroyuki et de son frère Akira sont extrêmement dérangeantes. On la voit dans sa chambre devenue salle des trophées astiquant sans relâche les coupes de son fils, champion de mathématiques.

A la fin de la lecture, subsiste un parfum entêtant. C'est le genre de livre que l'on n'a pas envie de finir. Et je crois que je vais me replonger dedans pour retrouver cette ambiance, et pour chercher des indices que je n'avais pas compris à la première lecture.

Un petit extrait :

"- Qu'est-ce que vous faites là tous les deux ? entendîmes-nous soudain dans notre dos. Tu sais bien que c'est défendu d'entrer sans ma permission. Pourquoi n'écoutes-tu jamais ce qu'on te dit ?

C'était sa mère. Sa bouche débordait encore de jus de figue.

- Mais non, maman. Je ne faisais que montrer à notre invitée les exploits de Rooky, se justifia aussitôt Akira.

- N'y touchez pas. Je viens tout juste de passer de la crème ce matin pour les faire briller. Les traces de doigts vont tout gâcher. Mais pourquoi tout est si sombre?

Sa tête tremblait, elle paraissait inquiète, ses mains donnaient des petits coups sur ses cuisses. Je sus qu'elle tremblait violemment. On voyait s'entrechoquer ses genoux qui dépassaient de l'ourlet de sa jupe."

 

Voici un livre grinçant, burelesque, terrible, poétique, cruel. On y retrouve les personnages chers à Tim Burton, petits frères d'Edward aux mains d'argent ou de Jack (de l'étrange Noël de Mister Jack). On y lit de courts récits/comptines/poèmes. L'éditeur a eu la bonne idée de mettre face à face le texte original et la traduction. Moi qui suis nulle en anglais, j'ai pris plaisir à lire les textes originaux, très courts et simples, qui sont moins tarabiscotés que la traduction et d'autant plus forts.

Chaque texte est illustré par des dessins de l'auteur, souvent en noir et blanc, avec des personnages à la grosse tête, aux yeux globuleux et au corps filiforme.

On y croise donc essentiellement des enfants différents, monstrueux : un enfant robot, un enfant avec des clous dans les yeux, un enfant tache, un enfant momie, tête de melon, un bébé ancre ... L'enfance pour Tim Burton n'est pas un monde rose et ouaté et leur destin est souvent tragique.

Voici une des plus courtes, en anglais puis traduit :

The Pin Cushion Queen

Life isn't easy

for the Pin Cushion Queen.

When she sits on her throne

pins push through her spleen.

La Reine Pelote-à-Epingles

La vie n'est pas drôle pour cette haute magistrate,

La Reine Pelote-à-Epingles : quand

sur son trône elle pose son séant,

les épingles lui ratatinent la rate.

j'écris tu écris

l'écrivain nain de nous à vous c'est tout

pourquoi vouloir tout j'entends le bruit du coeur des amants endormis

 le vent des fleurs cachées s'élève au dessus de moi

tendrement

écoute le chemin mais ne le suis pas       marchander

la lune pour obtenir l'encens magique du destin qui tourne tourneboule léger il faut t'envoler mais la violence du pas résonne en toi

sans raison

chatouille-moi ! lisons liseron

 Effleure à jamais le bas des idées je pleure je ris mais qui dit oui !

doucement doucement

hibernons tout au fond

numéroter ton nom

choisir avec toi je ne sais quoi d'impudique

 je veux toucher le monde du bout de mes sens c'est une explosion de mots savoir pourquoi nous sommes érudis

miel et senteur

chanson cosmique et comique

ironie du sort l'hiver arrive je ne sais pas

allons de ce pas à la source du bonheur ailé allez ...

libère le mot 

mêlons

Bataille de poissons

André Masson

(Il utilise une technique surréaliste proche de l'écriture automatique qui consiste à répandre de la colle au hasard puis du sable et de composer une oeuvre à partir du résultat obtenu)

Et un spécial BD ! Allez, on trouve les titres et les auteurs !

1 - La planète énigmatique

2 - Promenade à l'extrémité de l'univers

3 - Le Robinson du B

4 - Les fofolles-pochettes

5 - Le réveil de la beauté

6 - L'adulte droit

7 - Attention aux bêtises du mec culotté

8 - La recherche du poisson de l'instant

9 - Le clan des gamma-ducs

10 - Les feux de vivant soleil

Roy Lichtenstein

Alors, on en est où :

1 - L'étoile mystérieuse (hergé)         trouvé par Alexandre Kha

2 -  La Ballade au bout du monde (Vicomte/Makyo)      trouvé par Alexandre Kha

3 - Le Naufragé du A (Fred)     trouvé par Alexandre Kha

4 - Les Dingodossiers (Goscinny Gotlib)      trouvé par Muad'Dib

5 - Le sommeil du monstre (bilal)              trouvé par Alexandre Kha

 

6 - L'Enfant penchée (Schuiten/Peeters)       trouvé par Alexandre Kha

7 - Gare aux gaffes du gars gonflé (franquin)            trouvé par Alexandre Kha

8- La quête de l'oiseau du temps ( Loisel  )  trouvé par Muad'Dib

9 - La caste des Méta-Barons (Alexandro Jodorowsky et Juan Guimenez)     trouvé par Muad'Dib

10 - Les eaux de Mortelune (Adamov - Cothias)                  trouvé par Zézette

Le gagnant est donc Alexandre Kha avec 6 points. Bravo !
 

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