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C'est le même principe que le dernier exercice auquel j'ai participé mais cette
fois-ci ce ne sont plus des titres de Jonasz mais de Hubert-Félix Thiéfaine qu'il fallait caser , vingt parmi une liste de 35 !
Voici donc le résultat :
Elle errait depuis si longtemps qu’elle n’avait plus aucune notion du temps. Elle aurait aussi bien pu dire qu’elle était là depuis
542 lunes et 7 jours environ, cela aurait eu autant de sens pour elle. « Je ne sais plus quoi faire pour te décevoir ! » … elle ressassait ces paroles, les mâchait, les faisait
tourner, danser à l’intérieur de sa tête … le chant du fou, de la folle plutôt ! Elle se donnait enfin l’autorisation de délirer … La classait-on avec les dingues et
les paumés ? Probablement … Et alors, de toute façon, elle était maintenant comme en exil sur une planète fantôme … Elle s’arrêta de marcher un instant, regarda autour d’elle et aperçut au loin
la maison Borniol. Un rictus de dégoût déforma un instant son joli visage. Elle les méprisait tous autant qu’ils étaient, avec leur cancoillotte à la fin du repas, leur « à demain les kids » qui se voulait enjoué,
chaleureux et moderne ! Quand elle avait décidé de changer de nom, de n’être plus Noémie mais Lorelei sebasto cha, ils avaient ri … avaient pensé que c’était encore un de ses enfantillages … Ils
ne comprenaient vraiment rien … Ils l’avaient alors surnommée « la môme kaléidoscope » car ils la trouvaient décidément si difficile à
cerner. Cerner … C’était bien une idée à eux ça. Cerner, mettre dans une petite case et surtout que rien ne dépasse, que rien ne fasse tache. Ils lui avaient même proposé de passer un automne à Tanger avec eux… Mais que croyaient-ils donc … Que ça changerait
quelque chose ?
Elle s’aperçut qu’elle était maintenant tout près du cabaret Sainte-Lilith … Elle se souvint du pari fait avec ses amis les Alligators 427 d’arriver à la 113ème cigarette sans dormir ! Ils étaient dans un état qu’ils appelaient alors la rock autopsie ! Mais les alligators n’étaient plus là, ils l’avaient tous laissée tomber … Ca avait été sa première descente aux enfers par la face Nord. Mais il y en eut beaucoup d’autres, par tous les points cardinaux existants ou inexistants … Et là, elle était arrivée à la dernière station avant l’autoroute qui menait elle ne savait où. Elle attendait l’ascenseur de 22h43. Et elle monterait en haut, tout en haut. Et là, la tête dans les étoiles, les cheveux flottant, elle pourrait enfin rire et chanter ! Elle verrait en bas, si loin, la pauvre petite môme kaléidoscope, et elle lui crierait : « Lorelei, je t’en remets au vent !!! ».
La cariatide délivrée de Leonor Fini , peintre surréaliste que j'ai toujours beaucoup aimée pour son univers très personnel.
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