le petit monde d'Antigone, un monde de littérature, poésie, art, cinéma et enfance

Borgès, les labyrinthes, des mondes fantastiques, des personnages doubles tel Janus, des « jardins aux sentiers qui bifurquent », des univers oniriques, des langues inconnues, des mystères, des paradoxes, des rêveurs qui sont eux-mêmes les rêves d’autres rêveurs, bref, des mondes fascinants.
Je parlerai ici plus particulièrement d’une de ses fictions intitulée « la bibliothèque de Babel ». Cette bibliothèque extraordinaire est une bibliothèque infinie, qui contient tous les livres que l’on peut écrire en combinant les lettres de l’alphabet. Cela signifie une infinité de livres n’ayant aucun sens apparent (mais peut-être en a-t-il un si on sait le décoder, si l’on trouve l’idiome dans lequel il est écrit, par exemple « un dialecte lituanien du guarani, avec des inflexions d’arabe classique ») mais aussi tous les livres qui ont été écrits ou tous les livres qui vont être écrits.
« Tout : l’histoire minutieuse de l’avenir, les autobiographies des archanges,(…), l’évangile gnostique de Basilide, le commentaire de cet Evangile, le commentaire du commentaire de cet Evangile, le récit véridique de ta mort,la traduction de chaque livre en toutes les langues, (…) »
Cela a donc suscité un espoir immense, mais dans un second temps un désespoir tout aussi immense devant la tâche à accomplir pour trouver quelques phrases compréhensibles.
Cette mise en abyme m’avait émerveillée lorsque j’avais lue cette nouvelle, d’autant que j’ai toujours eu un grand amour pour les bibliothèques. Alors là, LA bibliothèque, c’était magique. En lisant ce texte, j’ai en tête les magnifiques bibliothèques peintes par l’artiste Maria Vieira da Silva que j’aime tant et qui me paraissent en totale adéquation avec cette histoire. Petite, je rêvais que je nageais dans une mer de livres, que je n’avais qu’à tendre la main pour trouver un nouvel ouvrage, et c’était le bonheur.
A contrario, je pense aussi au célèbre « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury, filmé par Truffaut, et qui décrit un monde où les livres sont brûlés, où des résistants apprennent par cœur un livre pour pouvoir le transmettre par oral aux autres.
Il faut découvrir Borgès, chaque nouvelle est tout aussi étonnante et envoutante.