Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le petit monde d'Antigone, un monde de littérature, poésie, art, cinéma et enfance

Publicité

Marianne et Romain (1)

Je tente de relever le défi littéraire de Majoma et je vous propose le début de la nouvelle. J'espère réussir à la poursuivre pour vous faire lire la suite ! C'est un vrai challenge pour moi car je n'ai jamais tenté ce genre d'expérience !

Pour tout renseignement supplémentaire, allez voir le site de Majoma ! http://majoma.over-blog.com

Matin sombre et morose. Petite pluie fine comme des aiguilles. Marianne marchait vite, le froid s’engouffrant jusque dans ses cheveux. Elle serrait contre elle son petit cartable en cuir noir et accéléra encore le pas, les yeux fixés sur le trottoir qui défilait. La bibliothèque, son refuge, son amie, son univers. Le seul endroit où elle se sentait quelqu’un. Frissonnant, elle saisit le gros trousseau et tenta d’introduire sa clef dans la serrure. Après quelques essais infructueux, les grandes portes s’ouvraient sans un bruit et les pas de Marianne résonnaient dans le grand bâtiment vide, la menant dans la salle des archives, interdite à tout public. Ses grands yeux noirs regardaient fixement le fauteuil de velours vert situé en son centre. Elle restait figée de longues minutes, perdue dans des pensées qui paraissaient la dévorer entièrement. Puis les bavardages des étudiants et autres lecteurs qui commençaient à pénétrer dans la bibliothèque la sortirent de sa torpeur.  Elle balaya des yeux la petite foule studieuse, mais ne semblait pas trouver ce qu’elle cherchait. Elle se tourna alors vers ses chers livres, en saisit un, hésita, caressa le suivant comme l’on caresse un amant délaissé, puis finalement reposa doucement le premier.

 

 

 

Les longues jambes de Marianne montaient, fatiguées, les marches innombrables la menant jusqu’à son appartement. Elle hésita un instant devant la porte voisine à la sienne. Elle relit comme elle le faisait chaque soir la plaque ébréchée : R. Ajar. R. R. Rémi ? René ? Roméo ? Non, c’était ridicule ! Et comme chaque soir, après s’être moquée d’elle-même et de son côté fleur bleue, elle se terra dans son deux pièces. La sonnerie stridente la fit sursauter violemment. Après une ou deux secondes d’hébétement, le bon visage criblé de tâches de rousseur du jeune Paul s’imposa à elle, remplaçant celui de Rémi. Oui, c’était sûrement Rémi. Elle se dessina sur la bouche et dans les yeux des sourires et des pétillements et alla ouvrir. Oui Paul. Il fallait entrer. Mais non il n’était pas en avance, c’était bien convenu comme ça. D’accord, elle allait voir avec lui ce devoir de français. Tiens, et connaissait-il leur nouveau voisin, Rémi… Ah ! Romain … non, non, arrête Paul, pas de sous-entendu ! Alors Jules Renard … et Poil de Carotte ! Son prof l’aura fait exprès !  Non, elle ne voulait pas parler avec lui pour la énième fois des avantages et inconvénients de ces pigmentations auprès des filles ! A nouveau le beau regard clair si doux de Romain flotta sur les yeux malicieux de Paul. Marianne chassa cette vision d’un mouvement de tête ; sans y parvenir.

 

 

 

Paul était enfin parti. Elle sortit de chez elle sans un bruit et se posta à nouveau dans le couloir . Il ne devait pas être là. Il n’était jamais là à cette heure. Son doigt poussa doucement la porte qui s’entrebâilla. Elle recula vivement sa main, surprise puis à nouveau effleura la poignée. Elle franchit alors la limite qui la séparait de ce sanctuaire, pénétra dans un couloir tapissé de livres anciens débouchant sur une immense salle ovale, ornée de dizaines d’assemblages étranges et inquiétants : têtes de poupée, tête de mort, masque africain, heaume associés à des jambes de mannequin, des roues, des instruments de musique, des objets religieux ...  Sous chacun de ces corps en morceaux, une porte magnifiquement ouvragée d’or, d’ébène et d’ivoire. Marianne affolée voulut s’enfuir de ce lieu merveilleusement dérangeant mais elle ne pouvait quitter des yeux les portes, toutes ces portes…



Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
la suite ! la suite !
Répondre
B
Oh, j'aime beaucoup Romain Ajar... (cousin d'Emile Gary, je suppose)...
Répondre
F
Antigone, bravo, il faut absolument que tu continues ! Le premier chapitre à peine terminé, je suis déjà suspendu à l'histoire. Chez qui Marianne est-elle entrée ? Le Comte Zaroff, Barbe Bleue, Hoffmann ? <br /> En tout cas, style parfait, ambiance, personnages finement croqués : tout est en place !
Répondre