Les enfants du paradis
Ce film est sans doute mon préféré, d’autant qu’il a marqué les épisodes marquants de ma vie. Je l’ai découvert et aimé à l’adolescence (c’est vraiment la période des coups de cœur je trouve, en tout cas pour moi), je l’ai retrouvé au tout début de mon
histoire d’amour avec l’homme de ma vie et j’ai donné comme prénom à l’un de mes enfants celui d’un des personnages du film.
Allez, resituons un peu ce chef d’œuvre : 1945, réalisé par Marcel Carné, le scénario et les dialogues extraordinaires de Jacques Prévert, des interprètes fabuleux : Arletty (Garance), Jean-Louis Barrault (Baptiste), Pierre Brasseur (Frédéric), Maria Casarès (Nathalie) pour les principaux, une durée de 3 heures (quand même !)
L’histoire : En 1828, à Paris, sur le Boulevard du Crime. Deux jeunes artistes, Baptiste Debureau et Frédéric Lemaître, font leur début au Théâtre des Funambules et se lient d'amitié. Une jeune femme mystérieuse et séduisante, au nom de fleur, Garance, intervient dans leur vie. Alors que Baptiste, timide, n'ose lui déclarer son amour, Frédéric, plus déluré, en fait sa maîtresse. Mais Garance, impliquée malgré elle dans les crimes d'un certain Lacenaire, obtient la protection d'un noble, l'épouse et disparaît. Sept ans plus tard, Baptiste, devenu un mime célèbre, a épousé la fille du directeur du théâtre. Le retour de Garance provoque des incidents dramatiques.
J’ai en tête quelques phrases qui me résonnent encore à l’oreille, des phrases du grand dragueur Frédéric qui rencontre pour la première fois Garance :
« Ah vous avez souri, ne dites pas non, vous avez souri ! Vous êtes belle et la vie est belle, comme vous. »
« Comment vous appelez-vous
- Garance, comme la fleur
- Et une fleur rouge bien sûr, comme vos lèvres ! »
« - …Dites-moi au moins quand je vous reverrai ?
— Bientôt peut-être. Sait-on jamais avec le hasard.
— Oh ! Paris est grand, vous savez.
— Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment comme nous d’un aussi grand amour. »
Dans l’extrait ci-dessous, ce n’est plus Frédéric qui drague, mais Baptiste fou amoureux, dans une scène d’une beauté incroyable :
- Comme vous êtes belle...
- Je ne suis pas belle, je suis vivante, c'est tout
- Vous êtes la plus vivante ! Jamais je n'oublierai cette nuit... et la lumière de vos yeux
- Oh la lumière... une petite lueur comme tout le monde. Tenez, regardez ! Les petites lueurs, les petites lumières de Ménilmontant... Les gens s'endorment et s'éveillent, ils ont chacun cette lueur qui s'allume et qui s'éteint. C'est peu de chose tout ça. »
Les scènes de mime de Baptiste sont aussi très drôles ou très émouvantes, toujours justes et touchantes.
Les images de foule, Baptiste au milieu du carnaval sont de toute beauté !
Bref, j’adore ce film et je ne crois pas être la seule ! J’en ai encore le cœur qui bat rien que de vous en parler.