le petit monde d'Antigone, un monde de littérature, poésie, art, cinéma et enfance
Je suis tombée sur un blog bien sympathique proposant des jeux d'écriture intitulé écriture ludique. Ca m'a forcément tentée et je me suis lancée.
J'ai donc essayé d'écrire un texte pour le n°15 donc voici la consigne :
Il s'agit cette fois-ci de choisir 4 titres de livres parmi les 35 proposés . Un des quatre doit être le titre de votre texte (pas forcément présent dans le texte, mais vous pouvez), il en décrira / résumera bien l'histoire.
Les 3 autres titres doivent correspondre à chacune des parties de votre texte. Il faut donc 3 grandes parties, une pour poser le décor / les personnages / la situation, puis le corps du récit, puis la fin / l'épilogue. Dans chaque partie doit figurer un des titres, qui en sera l'élément central, l'idée forte autour de laquelle cette partie s'articule.
Voici les titres que j'ai choisis :
titre : chant de l'océan
partie 1 : eau du diamant
partie 2 : ombres mortes
partie 3 : cri de l'ombre.
Allez, c'est parti !
Chant de l'océan
Le vent souffle comme un fou ce soir. Line avance, emmitouflée dans son grand manteau de laine auquel elle s’accroche frileusement. Des gouttelettes salées arrivées jusqu’à ses lèvres la font frissonner de plaisir. Encore plus près. L’air lui fouette le visage , les reflets de la lune scintillant dans cette eau du diamant la fascinent ; les vagues lui caressent à présent les jambes mais elle ne semble pas s’en apercevoir. Le chant de l’océan l’envoute peu à peu. Siffle, gronde, crie, pleure, berce, roule … Avance encore. Ses cheveux flottent doucement ; elle paraît voler dans les flots.
Line danse avec les algues qui la frôlent. Curieusement, ses yeux emplis d’eau brillent toujours de mille lumières. L’épaisse obscurité est fendue par des rais de clarté. L’océan ne pleure plus, il rit. Des voix cristallines lui parviennent, à peine assourdies, des ombres glissent et l’encerclent. Elle sourit et sent au plus profond de son être l’eau salée envahir son corps ; elle est l’océan. Elle se mêle alors aux ombres mortes qui voltigent toujours et s’enfonce avec elles au plus profond de l’onde.
Prostré, Maël fait face à la mer. La nuit a tout avalé. Les vagues ont tout englouti. Il se relève lentement, ses yeux fixés sur l’infini. Sa longue plainte, cri de l'ombre, déchire le silence oppressant puis s’évanouit dans les ténèbres.
Ophélie, de John Everett Millais