le petit monde d'Antigone, un monde de littérature, poésie, art, cinéma et enfance
Voici un autre texte qui m'a beaucoup marqué. Il s'agit de la pièce de théâtre de Paul Claudel : Partage de midi. Le texte de cette oeuvre est tout à la fois sublime et brûlant d'un feu dévastateur.
Voici donc un extrait d'un monologue d'Ysé, à la toute fin de la pièce :
Ysé
"Maintenant regarde mon visage car il en est temps encore
Et regarde-moi debout et étendue comme un grand olivier dans le rayon de lune terrestre, lumière de la nuit,
Et prends image de ce visage mortel car le temps de notre résolution approche et tu ne me verras plus de cet oeil de chair !
Et je t'entends et ne t'entends point, car déjà voici que je n'ai plus d'oreilles ! Ne te tais point, mon bien-aimé, tu es là !
Et donne-moi seulement l'accord, que ...
Jaillisse, et m'entende avec mon propre son d'or pour oreilles
Commencer, affluer comme un chant pur et comme une voix véritable à ta voix ton éternelle Ysé mieux que le cuivre et la peau d'âne ! "
Paul Delvaux