Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le petit monde d'Antigone, un monde de littérature, poésie, art, cinéma et enfance

Publicité

Nuits étoilées

Magie d’une nuit étoiléeLe jour et la nuit, Rufino Tamayo, peinture murale, 1954

 

 

 

 Loin des clichés mièvres, Aragon nous montre une nuit  où les étoiles livrent un combat violent, où le ciel est un cimetière en fête, rempli d’étoiles décimées ; on y voit du sang, des noyés, du feu et des pirates !

 

 

 

La nuit d’août

O l’épaisse toison d’étoiles sur nos têtes

(…)

On avait attendu cette nuit-ci toute l’année

Cette nuit d’astres décimés cette nuit Décisive On avait

Attendu toute l’année une nuit semblable à celle-ci

Une nuit de sable céleste une nuit de sel et de sang

Est-ce elle enfin qui flambe et fêle

L’or noir d’un monde aux yeux fermés

(…)

Phares d’un seul naufrage étoiles filantes

Feux follets de l’immense cimetière en fête

Sainfoin nocturne fusées

Que votre volonté soit faite

(…)

Que n’a-t-on dit de vous étoiles mes amours qui dérivez dans les fenêtres

Ainsi que des noyés aux hublots de l’espoir

Ablettes du filet sans mailles des ténèbres

Brûlots d’une guerre de pirates sur leurs galions perdus

Baisers du bout des doigts mordus saignant à l’infini

Tourbillon de plumes blanches aux bataillons d’oiseaux de proie

(…)

Oui c’est cette nuit qu’on attendait c’est bien cette nuit des étoiles

C’est cette nuit de feu qui défait les défaites

Dans sa chevelure de lueurs

 

(…)

Nuit belle nuit d'août de colline à colline

Parlant le langage étrange des bergers

 

Nuit belle nuit d’août couleur des cendres

Belle nuit d’août couleur du danger

Je ne demande rien que de vivre assez pour voir la nuit fléchir et le vent changer

 

 

 

Louis Aragon (1897-1982)

 

 

 

 Kandinsky, étoiles

« Déjà la nuit en son parc amassait

Un grand troupeau d’étoiles vagabondes,

Et pour entrer aux cavernes profondes, Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait. »

Joachim du Bellay (1522-1560)

 

 

A la fenêtre, pendant la nuit

Les étoiles, points d'or, percent les branches noires ;
Le flot huileux et lourd décompose ses moires
Sur l'océan blêmi ;
Les nuages ont l'air d'oiseaux prenant la fuite ;
Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,
Comme un homme endormi.

Tout s'en va. La nature est l'urne mal fermée.
La tempête est écume et la flamme est fumée.
Rien n'est, hors du moment,
L'homme n'a rien qu'il prenne, et qu'il tienne, et qu'il garde.
Il tombe heure par heure, et, ruine, il regarde
Le monde, écroulement.

L'astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ?
Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ?
Le sera-t-il toujours?
L'homme a-t-il sur son front des clartés éternelles ?
Et verra-t-il toujours les mêmes sentinelles
Monter aux mêmes tours ?

Victor Hugo (1802-1885)

Et pour finir aujourd'hui un poème qui reflète bien la candeur de l'enfance, comme je l'aime.

La nuit et le jour

Qui tient le soleil

Tient aussi la lune

Avec les étoiles

Et l'obscurité.

Qui c'est qui a mis

Les petit's chandelles ?

Demanda l'enfant

Que tenaient mes bras.

Les yeux grands ouverts

Ecartaient le sable,

La carte du ciel

Allumait ses feux.

Pierre Menanteau (1895)

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article